Humeurs

Attentats, vous n’aurez pas ma joie de vivre

18 août 2017

Initialement, c’est un autre article qui devait paraître aujourd’hui. Mais l’actualité en a décidé autrement, malheureusement. Un nouvel attentat a eu lieu, cette fois à Barcelone. Et au lieu de crier ma haine à celui (ceux ?) qui ont décidé, une fois de plus, d’ôter des vies, je veux vous parler à cœur ouvert. Alors peut-être que cet article sera brouillon, mais quoiqu’il en soit, il se voudra sincère.

Le 7 janvier 2015, lorsque l’attentat de Charlie Hebdo a eu lieu, j’ai été terrorisée. Mais j’étais en classe. Alors je ne devais rien laisser paraître. Juste faire face. Faire bonne figure. Sourire aux enfants. Comme si le monde qui les entourait était le plus sûr que je connaisse. Comme si rien ne pouvait s’écrouler et venir toucher à leur quotidien. A l’école, ils étaient en sécurité. Rien ne pouvait les atteindre. Ils le savaient.

J’ai encore failli le perdre

Le lendemain, ils en avaient entendu parler. Alors forcément, ils ont posé des questions. Le genre de choses qu’ils n’osaient pas forcément demander à leur parents. Mais lorsqu’ils me parlaient de ces événements je voyais une lueur d’inquiétude dans leurs yeux. Comme si leur monde s’écroulait. Comme si, finalement, ils ne se sentaient pas en sécurité. Alors, posément, on leur a expliqué. Avec des mots d’enfants. Des paroles qui atténuaient la dureté des actes commis. Des mots qui se voulaient rassurants. Et puis, j’ai appris. J’ai su qu’un autre attentat avait eu lieu, à Montrouge, cette fois. Et là, je n’ai pas pu garder mon calme. La panique a commencé à m’envahir, petit à petit. Mon papa travaillait tout près. Alors, il a fallu que je me rassure et que je l’appelle. Il avait entendu les détonations, les sirènes, mais il allait bien. Il allait bien. C’était le principal.

Connaît-on vraiment les gens ?

Mais le cauchemar n’était pas terminé. Le lendemain, nouvel attentat. Toujours à Paris. Cette fois, dans un hypermarché. Ce soir-là, lorsque j’ai quitté l’école, je me suis précipité chez moi. Terrorisée. Je ne voulais plus sortir. La nuit est tombée. J’ai fini par fermer les volets. Comme pour me protéger. Les infos tournaient en boucle à la télé. Le terroriste a fini par être abattu par la police. Je me souviens qu’à cet instant, soulagée, rassurée, j’ai éteint la télé. Me promettant de ne plus penser à ce cauchemar, qui venait enfin de se terminer. Mais c’était sans compter sur les hélicoptères qui ont commencé à tourner au-dessus de chez moi. Les sirènes de police, que l’on a entendues jusque tard dans la nuit. J’ai alors rallumé les infos et j’ai appris que le frère du terroriste habitait près de chez moi. Dans la rue derrière. Nouvel épisode de panique.

Ca ne s’arrêtera donc jamais ?!

Et puis, la vie a tranquillement repris son cours. Jusqu’à ce qu’un nouvel attentat ait lieu en novembre 2015. Au Bataclan. Encore à Paris. Je me suis de nouveau sentie vulnérable. Apeurée. Triste, pour ces personnes qui ont juste choisi d’aller voir un concert. Et qui se sont trouvées là. Au mauvais moment. Au mauvais endroit.

Et puis, le 14 juillet 2016, un nouvel attentat a lieu. A Nice, cette fois. De nombreuses personnes sont mortes, fauchées par ce camion. Tuées par le mouvement de la foule portée par son instinct de survie. De nouveau, des vies détruites. Des personnes innocentes. Simplement venues là pour célébrer la fête nationale. En famille. Entres amis. En amoureux. Avec les gens qu’ils aimaient.

Mes amis et collègues m’ont envoyé de nombreux messages. Souvent, ce besoin d’être rassurés dominait. Une amie et moi aurions pu y être. Ils savaient que nous allions en vacances là-bas à la mi-juillet. Et, quelques jours plus tard, lorsque nous nous sommes rendues à Nice, nous avons vu. Cette jolie Promenade des Anglais, qui ne serait plus jamais comme avant. Qui avait été témoin d’un drame. Ces centaines de bouquets déposés. En mémoire d’un proche. D’un ami. D’un amoureux. Et les militaires, qui patrouillaient. A ce moment-là, on a ressenti comme un vide. Une grande tristesse. Pour ces gens, qui ont vécu l’horreur. Mais aussi pour ces familles, qui ont perdu un proche. Et, pour cette jolie ville, qui ne sera plus jamais la même.

Attentats, vous n’aurez pas ma joie de vivre

Je crois que c’est là, devant un tel spectacle, que j’ai pris conscience que non : les attentats n’auront pas ma joie de vivre. Qu’on le veuille ou non, le monde est peuplé de fous. De terroristes. Il n’y a pas un seul endroit où l’ont soit vraiment en sécurité. Alors pourquoi perdre son temps à vivre dans la peur ? Quelque part, ces événements m’ont fait prendre conscience de beaucoup de choses. Les gens que l’on aime ne sont pas éternels. Il faut vivre chaque instant comme si c’était le dernier. Dire à nos proches qu’on les aime. Profiter d’eux, tant qu’il en est encore temps. La vie est courte et le monde devient de moins en moins sécuritaire. Alors autant garder sa joie de vivre et essayer d’en tirer profit. De donner du bonheur et de la joie à ceux qui nous entourent.

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4 commentaires

  • Reply Ornella 19 août 2017 at 10 h 59 min

    Oui, moi, je ne veux pas paraître insensible mais il y a des génocides bien plus meurtriers et barbares au Congo, en Ethiopie, des femmes se font lapider, des hommes se font décapiter et torturer pour être homosexuels en Tchétchénie. Donc les deux trois attentats à droite à gauche, contrairement à ceux qui vivent dans la peur jour et nuit, c’est de la gniogniotte…

    Evidemment, c’est injuste et complètement malvenu, mais nous ne sommes absolument pas à plaindre.

    • Fl3ur de lun3
      Reply Fl3ur de lun3 21 août 2017 at 12 h 16 min

      Je suis d’accord avec toi concernant les génocides qui ont lieu mais que (malheureusement) les médias ne mettent pas autant en avant.
      Cela dit, ce genre de choses (aussi bien génocides qu’attentats) ne devrait pas exister. C’est ignoble et ça fait ressortir le pire de l’espère humaine.

  • Reply Un brin de culture 20 août 2017 at 19 h 12 min

    Sublime. Je n’ai pas les mots tellement je suis émue après la lecture de cet article !

    PS : J’adore ton nouveau template (même si j’adorais aussi le précédent) mais celui-ci est épuré et plus « adulte ».

    • Fl3ur de lun3
      Reply Fl3ur de lun3 21 août 2017 at 12 h 13 min

      Merci.
      Concernant le design, il s’agissait d’un essai et tu es tombée au moment où j’ai fait une boulette, il ne devait pas être (encore) publié ^^ !

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