Humeurs

Il y a 18 ans…

27 janvier 2017

Au mois de décembre, je vous disais pour la première fois que j’ai failli le perdre. Lui, c’est mon papa. Mais j’évoquais également cet ange, parti trop tôt. Il y a eu 18 ans hier. Le 26 janvier 1999. J’ai perdu le deuxième homme de ma vie : mon papy.

Lui & moi

Nous avons toujours été très fusionnels. Très tôt, j’allais seule en vacances chez mes grands-parents, alors que je marchais à peine. J’étais l’aînée des petits-enfants du côté de ma maman. La seule petite fille qu’avait alors mon grand-père. Il n’a jamais connu ses autres petits enfants, nés après son décès. Il s’occupait beaucoup de moi, nous jouions ensemble. A chaque fois que j’allais chez mes grands-parents, je n’avais d’yeux que pour lui. Il y avait une telle fusion et un tel amour entre-nous que rien ne pouvait briser ce lien.

Malheureusement tout n’était pas tout rose, car il était malade. Il allait beaucoup à l’hôpital, avait de nombreux examens à faire. Souffrait beaucoup. Mais il le cachait devant moi. Tout cela, je ne l’ai su que plus tard. Je me rappelle d’une fois où il était à l’hôpital, très faible. Étant enfant (j’avais 8 ans), il m’était interdit de lui rendre visite. Mais ma grand-mère lui avait dit que j’étais en bas. Il s’est alors mis à la fenêtre, malgré le froid de l’hiver, pour me faire coucou. Je tenais mon papa par la main et, de l’autre main, essuyais les larmes qui coulaient sur mes joues. Mais ça, il ne l’a jamais su.

Un jour, peu de temps après, j’ai fait un cauchemar. Il était décédé. Je me suis réveillée en sursaut. Plus tard, dans la journée, je lui ai parlé de ce rêve. Et je me rappelle exactement de la phrase que j’ai prononcée : « Papy, comment est-ce que ça se passera quand tu seras mort ? ». Il m’avait alors répondu de ne pas m’inquiéter, que cela n’arriverait pas de si tôt. Nous étions en 1997.

Il y a 18 ans…

25 décembre 1998. Nous étions réunis pour Noël, chez mes grands-parents. Il était de plus en plus faible, tremblait beaucoup, était extrêmement frileux malgré des couches de vêtements. Du haut de mes 8 ans, 2 mois et 15 jours, je sentais bien que quelque chose n’allait pas. Mais lui me souriait. Alors je lui rendais ses sourires, tout en sachant que cela n’était que façade. Et puis, j’ai demandé à mon papa de prendre une photo de nous trois : mes grands-parents et moi entre eux-deux. Il refusait, me disant qu’il fallait que papy se repose, etc. Mais j’ai insisté, puis nous avons fini par faire cette photo, mon grand-père le souhaitait. Il comprenait. Il y avait toujours ce lien entre nous. Cette photo, qui a été prise le 25 décembre 1998, a été la dernière de nous trois. Papy est décédé un mois après, le 26 janvier 1999.

L’annonce de son décès

Cette date, je ne l’oublierai jamais. Le soir, dans mon lit, j’ai entendu le téléphone sonner. Je savais que papy n’allait pas bien, qu’il était à l’hôpital. J’avais peur. Mais mes parents n’étant pas venus me voir, j’ai fini par m’endormir, sereine. Le lendemain matin, ma maman m’a réveillée pour aller à l’école. J’étais en CE2. Elle s’est assise sur le bord de mon lit, m’a regardée, ne sachant pas vraiment quoi dire. J’ai deviné avant qu’elle ne finisse par prononcer les mots que je craignais tant : « Papy est mort, mamie nous a appelés hier soir. ». Je me rappelle avoir laissé couler mes larmes, que je ne pouvais pas arrêter. Ma maman a fini par me faire préparer pour aller à l’école, pour que ça me change les idées. Elle a prévenu ma maitresse, qui a été très compréhensible.

Et maintenant ?

Cela fait 18 ans qu’il ne « fait plus partie de ma vie ». Entre guillemets, car il y a toujours sa place. Et pourtant, en écrivant cet article, les larmes ont coulé le long de mes joues. Lorsque je parle de lui, je souris mais mes yeux sont brillants, les larmes à deux doigts de couler. Quand je repense à nos moments de complicité, je souris malgré le couteau qui me poignarde. La douleur est toujours bien présente, 18 ans après. Lorsqu’il nous a quittés, j’étais une petite fille, qui n’avait même pas 8 ans et demi. Aujourd’hui, je suis une jeune femme de 26 ans, passée par un certain nombres d’obstacles, mais j’ai réussi à tous les franchir. Je fais le métier dont je rêvais déjà alors qu’il était encore avec nous. Mais aussi, je suis amoureuse, épanouie et heureuse. Mon seul regret c’est qu’il n’ait pas pu partager ma vie, être à mes côtés à chaque instant. Qu’il ne m’ait pas vu réaliser mon rêve. Qu’il ne voit pas la femme que je suis devenue. J’aimerais tellement que, de là où il est, il puisse me voir et me dire qu’il est fier de moi. Je donnerais n’importe quoi pour le revoir, rien que quelques minutes. Pour lui dire à quel point je l’aime et combien il me manque. Le serrer dans mes bras, tout simplement.

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3 commentaires

  • Reply Missy 27 janvier 2017 at 13 h 33 min

    C’est vraiment un bel hommage que tu as rendu à ton Grand-Père avec cet article.
    Il m’a arraché quelques larmes et m’a fait replongé dans les souvenirs que j’ai avec ma mamie, partie elle aussi bien trop tôt à mon goût.
    Mais comme tu le dis, ces êtres, si chers à nos cœurs, restent et resteront malgré tout toujours en nous et avec nous ♥

    • Fl3ur de lun3
      Reply Fl3ur de lun3 29 janvier 2017 at 11 h 26 min

      Merci de ton passage et surtout de ton message. C’est rassurant de savoir que je ne suis pas la seule à penser ça, malgré mon âge, à toujours ressentir le manque et ce vide.

      • Reply Missy 29 janvier 2017 at 21 h 57 min

        Je pense que lorsque qu’on a perdu une personne que l’on a aimé énormément, il n’y a pas d’âge pour éprouver ce manque et ce vide!

        (Je passe quasiment tout les jours sur ton blog!)

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